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Droit constitutionnel et administratif — quiz

12 questions · 2 cas pratique(s) · une seule réponse est correcte par question · touches 1 à 4 pour répondre.

1. Depuis 1974, qui peut saisir le Conseil constitutionnel pour contrôler une loi ordinaire avant sa promulgation ?

2. Quel juge contrôle la conformité d'une loi française à un traité ou au droit de l'Union ?

3. Quel article de la Constitution énumère les matières réservées à la loi ?

4. Un opérateur conteste le montant des droits de douane liquidés par l'administration. Quel juge est compétent ?

5. Quel est le délai de recours pour excès de pouvoir à compter de la publication ou de la notification de l'acte ?

6. Parmi ces pouvoirs du Président de la République, lequel s'exerce sans contreseing du Premier ministre (article 19) ?

7. Le préfet estime qu'une délibération d'un conseil municipal est illégale. Que peut-il faire ?

8. Quelles sont les trois lois du service public dites lois de Rolland ?

9. Quel critère distingue la police administrative de la police judiciaire ?

10. Dans lequel de ces cas l'administration est-elle responsable sans faute ?

11. Dans quel délai l'administration peut-elle retirer un acte individuel créateur de droits illégal ?

12. Dans quel cas un agent public doit-il refuser d'exécuter un ordre de sa hiérarchie ?

Cas pratiques

Cherche d'abord au brouillon, puis déplie la correction.

Énoncé

En décembre 2024, le maire de Villeneuve-sur-Lot prend un arrêté interdisant totalement, sur le territoire de la commune, le marché de Noël organisé par l'association « Les Amis du marché ». L'arrêté invoque des risques de trouble à l'ordre public liés à l'affluence attendue. Aucun incident n'a pourtant été constaté lors des éditions précédentes, et l'association perd une recette importante. Le marché doit se tenir le 15 décembre et l'association veut agir vite.

  • Quelle est la nature juridique de l'arrêté du maire, et devant quel juge l'association peut-elle le contester ?
  • L'interdiction totale du marché est-elle légale au regard du contrôle de proportionnalité ?
  • Quelle procédure d'urgence l'association peut-elle utilement saisir avant le 15 décembre ?
Correction

Faits qualifiés. L'arrêté du maire est un acte administratif unilatéral qui restreint une liberté pour prévenir un trouble : c'est une mesure de police administrative. Le maire est autorité de police générale dans sa commune.

Règle applicable. La police administrative est préventive et doit respecter la trilogie de l'ordre public — sécurité, tranquillité, salubrité — posée à l'article L.2212-2 du Code général des collectivités territoriales. Le juge exerce un contrôle de proportionnalité : depuis l'arrêt Benjamin du 19 mai 1933, la liberté est la règle et la restriction de police l'exception. La mesure doit être nécessaire, adaptée et proportionnée. Une interdiction générale et absolue est presque toujours illégale.

Application. Le maire invoque un risque de trouble, mais aucun incident n'a été constaté les années passées. Le risque reste donc hypothétique. Or une interdiction totale prive l'association de toute activité, alors qu'un encadrement — horaires, effectifs de sécurité, limitation du périmètre — aurait suffi à prévenir le trouble. La mesure est donc disproportionnée.

Conclusion. L'arrêté est très probablement illégal et sera annulé par le juge administratif, qui est compétent pour le recours pour excès de pouvoir. En urgence, l'association peut saisir le juge des référés : un référé-liberté si l'atteinte à une liberté fondamentale est grave et manifestement illégale (décision en 48 heures), ou à défaut un référé-suspension en démontrant l'urgence et un doute sérieux sur la légalité.

Énoncé

La société « Océane Import » importe des produits de la mer. En mars 2024, lors d'un contrôle, l'administration des douanes immobilise pendant douze jours un conteneur de marchandises périssables, sans motif sérieux et au-delà du délai annoncé. Les marchandises sont perdues et la société subit une perte de chiffre d'affaires importante. Par ailleurs, un agent des douanes s'interroge : un supérieur lui a demandé de « ne pas voir » certaines irrégularités commises par une entreprise cliente.

  • Devant quel juge et sur quel fondement la société peut-elle engager la responsabilité de l'administration ?
  • Quelle faute faut-il démontrer, et comment qualifier le dommage subi ?
  • Que doit faire l'agent des douanes qui a reçu l'ordre de ne pas voir les irrégularités ?
Correction

Faits qualifiés. L'immobilisation injustifiée d'un conteneur est le fait d'un service public administratif, l'administration des douanes. Le dommage est causé par une activité de contrôle. Il ne s'agit pas d'un litige de plein contentieux fiscal portant sur le montant des droits, mais d'une action en responsabilité pour le préjudice causé par le contrôle.

Règle applicable. La responsabilité pour faute est le principe, et la faute simple suffit : depuis l'arrêt Krupa du 21 mars 2011, la faute lourde a été abandonnée en matière fiscale et de contrôle. La responsabilité de l'État relève du juge administratif, selon les règles spéciales posées par l'arrêt Blanco de 1873. La victime doit établir une faute, un préjudice et un lien de causalité.

Application. L'immobilisation de douze jours, sans motif sérieux et au-delà du délai annoncé, constitue une faute simple : l'administration a agi sans nécessité et sans respecter ses propres engagements. Le préjudice — perte des marchandises périssables et perte de chiffre d'affaires — est direct et certain. Le lien de causalité entre le contrôle et le dommage est établi. Ici, point n'est besoin d'un préjudice anormal et spécial, car ces caractères ne sont exigés que pour la responsabilité sans faute.

Conclusion. La société peut saisir le juge administratif d'une action en responsabilité pour faute simple et obtenir l'indemnisation de son préjudice direct et certain. Quant à l'agent, l'ordre reçu est manifestement illégal et compromet gravement un intérêt public : il doit refuser de l'exécuter, depuis l'arrêt Langneur de 1944. S'il obéit, il engage sa propre responsabilité, y compris pénale. S'il refuse, l'administration lui doit sa protection fonctionnelle, sauf faute personnelle de sa part.