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Droit de l'Union européenne — quiz

12 questions · 2 cas pratique(s) · une seule réponse est correcte par question · touches 1 à 4 pour répondre.

1. Qu'est-ce qu'un règlement au sens de l'article 288 du TFUE ?

2. Quelle majorité faut-il au Conseil de l'Union pour adopter un acte à la majorité qualifiée ?

3. Dans quel domaine l'Union dispose-t-elle d'une compétence exclusive, c'est-à-dire où seule l'Union peut légiférer ?

4. Quelle est la différence entre l'effet direct et la primauté du droit de l'Union ?

5. Une directive non transposée dans le délai peut-elle être invoquée dans un litige entre deux particuliers ?

6. Quand un juge national statue en dernier ressort, le renvoi préjudiciel devant la Cour de justice est :

7. À quoi correspondent les ressources propres traditionnelles de l'Union ?

8. Quel article du traité de Lisbonne organise le retrait d'un État membre de l'Union ?

9. Qu'est-ce qu'une taxe d'effet équivalent à un droit de douane ?

10. Que retient-on de l'arrêt Cassis de Dijon (1979) ?

11. Comment l'Union négocie-t-elle un accord commercial avec un pays tiers ?

12. Quel est l'objectif principal de la Banque centrale européenne ?

Cas pratiques

Cherche d'abord au brouillon, puis déplie la correction.

Énoncé

En mars 2026, la société française Méditex importe de Chine, via le port du Havre, un conteneur de textiles. La déclaration est déposée par un commissionnaire en douane, qui classe les marchandises dans une position de la nomenclature combinée. Un contrôle a posteriori de la DGDDI révèle que le classement retenu est erroné et que le taux de droit applicable aurait dû être plus élevé. La société conteste le rehaussement devant le tribunal judiciaire, en soutenant que la nomenclature n'est qu'une simple recommandation et que le classement relève de l'appréciation souveraine des autorités nationales.

  • À quelle catégorie de ressource du budget de l'Union les droits de douane éludés correspondent-ils, et quelle conséquence en tire-t-on pour l'État français ?
  • Devant quelle juridiction et selon quel mécanisme le juge national peut-il faire trancher la question du classement tarifaire ?
Correction

QUALIFICATION. Les droits éludés par un classement tarifaire erroné sont des droits de douane dus à l'importation. Le classement dans la nomenclature combinée est l'un des trois éléments de la dette douanière, l'espèce, aux côtés de l'origine et de la valeur en douane.

RÈGLE. Les droits de douane sont une ressource propre traditionnelle de l'Union, perçue par les États pour son compte (décision 2020/2053 du 14 décembre 2020). La nomenclature combinée et le code des douanes de l'Union, règlement (UE) n°952/2013, sont du droit de l'Union directement applicable. L'article 4 §3 TUE impose la coopération loyale.

APPLICATION. Le classement erroné a privé l'Union d'une part de sa ressource propre. La France, qui n'a pas recouvré correctement les droits, engage sa responsabilité financière devant la Commission, comme l'arrêt CJUE du 8 mars 2022 l'a jugé pour le Royaume-Uni par l'arrêt de la CJUE du 8 mars 2022. Le moyen tiré de la prétendue nature de simple recommandation de la nomenclature est inopérant : un règlement s'applique tel quel et s'impose à l'agent comme au juge.

CONCLUSION. Le rehaussement est fondé et l'État doit recouvrer les droits non perçus, car ils constituent une ressource propre de l'Union. Le litige portant sur l'interprétation de la nomenclature, qui est du droit de l'Union, le juge du fond peut saisir la Cour de justice d'un renvoi préjudiciel en interprétation (article 267 TFUE) ; s'il statue en dernier ressort, ce renvoi est en principe obligatoire, sauf acte clair ou acte éclairé (CILFIT, 1982).

Énoncé

En octobre 2026, une consommatrice française commande sur une plateforme de vente en ligne établie en Chine une paire de chaussures à 45 €. Jusqu'alors, le colis était exonéré de droits de douane en application du seuil de 150 €. Un agent des douanes lui explique que la réforme adoptée le 16 septembre 2026 change la donne : la franchise disparaît, des frais de traitement s'appliquent, et la plateforme devient l'importateur juridique. La consommatrice s'étonne : elle pensait que la loi fiscale française continuait de s'appliquer seule et que c'était à elle de payer.

  • Quelle est la base juridique du tarif applicable à ce colis, et pourquoi la France ne peut-elle pas fixer seule un taux différent ?
  • Qui est désormais redevable des droits et des formalités sur ce colis après la réforme de 2026 ?
Correction

QUALIFICATION. L'importation d'un colis de faible valeur depuis la Chine est une opération d'importation qui entre dans le champ de l'union douanière et de la politique commerciale commune.

RÈGLE. L'union douanière et la politique commerciale commune sont des compétences exclusives de l'Union (article 3 TFUE) : le tarif douanier commun s'applique aux marchandises originaires de pays tiers. La réforme adoptée le 16 septembre 2026 supprime le seuil d'exonération de 150 €, instaure des frais de traitement sur les petits colis au plus tard le 1er novembre 2026 et fait des plateformes de vente en ligne les importateurs juridiques, responsables des formalités et des droits.

APPLICATION. La France ne peut pas fixer seule le taux applicable : seule l'Union légifère sur le tarif, même si l'application reste nationale, puisque ce sont les douanes françaises qui perçoivent les droits. Depuis la réforme, la consommatrice n'est plus l'importateur : c'est la plateforme qui déclare et paie, et les droits perçus demeurent une ressource propre de l'Union.

CONCLUSION. Le colis est soumis au tarif douanier commun de l'Union, désormais sans franchise de 150 € ; la plateforme, devenue importateur juridique, est redevable des formalités et des droits, tandis que l'État français les perçoit pour le compte de l'Union.