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Peines et mesures de sûreté

Partie I — Droit pénal général · C. Quelle sanction

En une phrase

La peine sanctionne un acte passé ; la mesure de sûreté prévient une dangerosité future.

Pourquoi cette règle existe

Certaines personnes ont exécuté leur peine mais restent dangereuses. Plutôt que d’allonger artificiellement la punition, le droit a créé des mesures distinctes, tournées vers l’avenir et non vers la faute.

Comment ça marche

  • Peines principales : réclusion ou détention criminelle, emprisonnement, amende, jours-amende, travail d’intérêt général, peines de stage.
  • Peines complémentaires et alternatives : interdictions professionnelles, retrait de permis, confiscation, suivi socio-judiciaire, affichage.
  • Mesures de sûreté : surveillance judiciaire, surveillance de sûreté, rétention de sûreté (loi du 25 février 2008), injonction de soins, inscription au FIJAIS.
  • Différence de régime : la mesure de sûreté n’étant pas une peine, elle échappe en principe à la non-rétroactivité — ce qui a suscité de vives critiques.
  • Fonctions de la peine (article 130-1) : sanctionner l’auteur, favoriser son amendement et sa réinsertion, prévenir la récidive, réparer le préjudice des victimes.
  • Principe d’individualisation (article 132-1) : le juge module la peine selon les circonstances et la personnalité, dans les limites du maximum légal.

Exemple concret

Un condamné pour une infraction sexuelle grave exécute dix ans d’emprisonnement. À sa libération, une injonction de soins et une inscription au fichier judiciaire peuvent être maintenues : ce ne sont pas des peines supplémentaires, mais des mesures de prévention.

Vocabulaire

  • Amendement : L’amélioration du condamné, son évolution personnelle.
  • Individualisation : Adaptation de la peine à l’individu. Principe à valeur constitutionnelle.
  • Jours-amende : Peine consistant à verser une somme journalière pendant un nombre de jours fixé, modulée selon les ressources.

Les textes à citer

  • Articles 130-1, 131-1 et suivants, 132-1 du Code pénal.

L'arrêt à connaître

  • Cons. const., 21 février 2008, n°2008-562 DC — Valide la rétention de sûreté mais censure son application rétroactive : une mesure de sûreté ne peut pas être imposée pour des faits commis avant sa création.

Piège / à ne pas confondre

Ne pas présenter la mesure de sûreté comme une peine déguisée dans une copie sans nuance : c’est une critique doctrinale légitime, mais elle doit être présentée comme un débat, pas comme la règle.

À retenir pour l'épreuve

Article 130-1 : la peine sanctionne, favorise l’amendement et la réinsertion, prévient la récidive, répare. La mesure de sûreté, elle, est tournée vers la dangerosité future.

Quiz de la matièreFlashcards : Droit pénal