Le principe de légalité
En une phrase
On ne peut être puni que pour un comportement qu’un texte interdisait expressément AVANT qu’on le commette.
Tu ne peux être puni que pour un comportement qu’un texte interdisait clairement avant que tu le commettes.
Pourquoi cette règle existe
C’est une garantie contre l’arbitraire. Sous l’Ancien Régime, le juge pouvait créer les délits et choisir librement les peines. Les révolutionnaires ont voulu que le citoyen puisse savoir à l’avance ce qui est interdit et ce qu’il risque. Ce principe est la clé de voûte de tout le droit pénal : il commande tous les autres.
C’est une protection contre l’arbitraire. Sous l’Ancien Régime, le juge pouvait inventer les délits et choisir la peine à sa guise. Les révolutionnaires ont voulu que chacun sache d’avance ce qui est interdit et ce qu’il risque. Ce principe est la base de tout le droit pénal : il commande tous les autres.
Comment ça marche
- Seule la loi peut créer un crime ou un délit ; le règlement peut créer des contraventions (article 34 de la Constitution et article 111-2 du Code pénal).
- Le juge doit interpréter la loi pénale strictement : il ne peut pas raisonner par analogie pour étendre une incrimination à un cas voisin (article 111-4).
- Une loi pénale plus sévère ne s’applique pas aux faits commis avant son entrée en vigueur : c’est la non-rétroactivité.
- Mais une loi pénale plus douce s’applique immédiatement, y compris aux faits passés non définitivement jugés : c’est la rétroactivité in mitius (article 112-1).
- Le texte doit être clair et précis : une incrimination trop floue peut être censurée par le Conseil constitutionnel.
- Seule la loi peut créer un crime ou un délit. Le règlement, lui, peut créer des contraventions (article 34 de la Constitution et article 111-2 du Code pénal).
- Le juge doit lire la loi pénale de façon stricte. Il ne peut pas raisonner par analogie pour étendre une infraction à un cas voisin (article 111-4).
- Une loi pénale plus sévère ne s’applique pas aux faits commis avant son entrée en vigueur. C’est la non-rétroactivité.
- Mais une loi pénale plus douce s’applique tout de suite. Elle vaut même pour les faits passés qui n’ont pas encore été jugés définitivement : c’est la rétroactivité in mitius (article 112-1).
- Le texte doit être clair et précis. Une infraction trop floue peut être censurée par le Conseil constitutionnel.
Exemple concret
Une loi entre en vigueur le 1er mars et porte la peine d’une infraction de 2 à 5 ans. Les faits commis en février restent jugés sous l’ancien maximum de 2 ans. Si au contraire la loi abaissait la peine de 5 à 2 ans, elle s’appliquerait aux faits de février encore en cours de jugement.
Une loi entre en vigueur le 1er mars. Elle fait passer la peine d’une infraction de 2 à 5 ans. Les faits commis en février restent jugés sous l’ancien maximum de 2 ans. Si au contraire la loi baissait la peine de 5 à 2 ans, elle s’appliquerait aux faits de février encore en cours de jugement.
Vocabulaire
- Incrimination : La description par un texte du comportement interdit. Incriminer un fait, c’est en faire une infraction.
- In mitius : Expression latine signifiant « dans le sens le plus doux ». Désigne l’application rétroactive de la loi pénale plus favorable.
- Interprétation stricte : Le juge applique le texte à ce qu’il dit, sans l’étendre. Différente de l’interprétation littérale : le juge peut rechercher l’intention du législateur, mais pas créer.
- Incrimination : La description d’un comportement interdit par un texte. Incriminer un fait, c’est en faire une infraction.
- In mitius : Expression latine qui veut dire « dans le sens le plus doux ». Elle désigne l’application dans le passé de la loi pénale plus favorable.
- Interprétation stricte : Le juge applique le texte à ce qu’il dit, sans l’étendre. À ne pas confondre avec l’interprétation littérale : le juge peut chercher l’intention du législateur, mais pas créer du droit.
Les textes à citer
- Article 8 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 — valeur constitutionnelle du principe.
- Articles 111-2, 111-3 et 111-4 du Code pénal.
- Article 112-1 du Code pénal — application de la loi dans le temps.
- Article 7 de la Convention européenne des droits de l’homme.
- Article 8 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 — ce principe a une valeur constitutionnelle.
- Articles 111-2, 111-3 et 111-4 du Code pénal.
- Article 112-1 du Code pénal — l’application de la loi dans le temps.
- Article 7 de la Convention européenne des droits de l’homme.
L'arrêt à connaître
- Cons. const., 19-20 janvier 1981, « Sécurité et liberté » — Pose l’exigence que les textes répressifs soient rédigés en termes clairs et précis. Une infraction floue est inconstitutionnelle.
- Cons. const., 19-20 janvier 1981, « Sécurité et liberté » — Cette décision impose que les textes qui punissent soient écrits en termes clairs et précis. Une infraction trop floue est inconstitutionnelle.
Piège / à ne pas confondre
Ne pas confondre non-rétroactivité et application immédiate. La loi pénale de FOND (celle qui définit l’infraction et la peine) obéit à la non-rétroactivité. La loi de PROCÉDURE (compétence, formes de l’enquête) s’applique immédiatement, y compris aux affaires en cours, car elle ne modifie pas ce qui est puni.
Ne confonds pas non-rétroactivité et application immédiate. La loi pénale de fond, celle qui définit l’infraction et la peine, suit la non-rétroactivité. La loi de procédure, elle, s’applique tout de suite : c’est le cas pour la compétence ou les formes de l’enquête, même dans les affaires en cours, car elle ne change pas ce qui est puni.
À retenir pour l'épreuve
« Nullum crimen, nulla poena sine lege » — pas d’infraction ni de peine sans loi. Adage à citer en introduction de toute copie de droit pénal.
« Nullum crimen, nulla poena sine lege » : pas d’infraction ni de peine sans loi. Cet adage est à citer en introduction de toute copie de droit pénal.