← Droit de l'Union européenneFiche de révision

Fiche de révision

Tous les « À retenir pour l'épreuve » du cours, dans l'ordre du plan — l'essentiel à garder sous la main avant les écrits.

Le statut de l'Union et l'adhésion

Partie I — L'Union : ce qu'elle est et ce qu'elle peut faire ·

En une phrase

Depuis Lisbonne, l’Union est une organisation dotée de la personnalité juridique, qui se substitue aux anciennes Communautés.

Pourquoi cette règle existe

Jusqu’en 2009, la structure était illisible : trois Communautés, trois piliers, une Union sans personnalité juridique. Le traité de Lisbonne a unifié l’ensemble pour rendre l’Union identifiable, notamment sur la scène internationale, où elle peut désormais conclure des traités en son nom.

Comment ça marche

  • ÉTAPES : CECA (traité de Paris, 18 avril 1951, expiré en 2002), CEE et Euratom (traités de Rome, 25 mars 1957), Acte unique européen (1986), Maastricht (7 février 1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), traité constitutionnel rejeté en 2005, Lisbonne (13 décembre 2007, en vigueur le 1er décembre 2009).
  • APPORTS DE LISBONNE : suppression des piliers, personnalité juridique unique (article 47 TUE), valeur contraignante de la Charte des droits fondamentaux, extension de la procédure législative ordinaire, création du Conseil européen comme institution et du haut représentant.
  • ADHÉSION (article 49 TUE) : conditions de fond posées par les CRITÈRES DE COPENHAGUE de 1993 — institutions stables garantissant la démocratie, l’État de droit et la protection des minorités ; économie de marché viable capable de résister à la pression concurrentielle ; capacité à reprendre l’ensemble de l’acquis. Procédure : avis de la Commission, approbation du Parlement à la majorité des membres, unanimité du Conseil, ratification par tous les États.
  • RETRAIT (article 50 TUE) : introduit par Lisbonne, utilisé pour la première fois par le Royaume-Uni, sorti le 31 janvier 2020. L’Union compte 27 États membres. Relations réglées par l’accord de retrait de 2019 et l’accord de commerce et de coopération de 2020.
  • CANDIDATURES en cours : Balkans occidentaux, Ukraine, Moldavie, Géorgie.

Exemple concret

Le Brexit a rétabli une frontière douanière entre l’Union et le Royaume-Uni. Bien que l’accord de 2020 supprime les droits de douane sur les marchandises originaires, il n’a pas supprimé les FORMALITÉS : déclarations, preuves d’origine, contrôles sanitaires. Sortir d’une union douanière, ce n’est pas seulement une affaire de droits, c’est une affaire de procédures.

Vocabulaire

  • Acquis communautaire : L’ensemble du droit de l’Union en vigueur, que tout candidat doit reprendre intégralement.
  • Piliers : Ancienne structure de Maastricht : le pilier communautaire intégré, la PESC et la coopération judiciaire et policière, ces deux derniers piliers étant intergouvernementaux. Supprimés en 2009.
  • Accord de commerce et de coopération : Accord régissant depuis 2021 les relations entre l’Union et le Royaume-Uni.

Les textes à citer

  • Articles 1er, 47, 49 et 50 du TUE ; traité de Lisbonne du 13 décembre 2007.

L'arrêt à connaître

  • CJUE, 10 décembre 2018, Wightman — Un État ayant notifié son intention de se retirer peut révoquer unilatéralement cette notification tant que le retrait n’est pas effectif.

Piège / à ne pas confondre

Ne jamais écrire « la Communauté européenne » pour la période postérieure à 2009 : elle a disparu. On dit l’Union européenne, et le droit qu’elle produit est le droit de l’Union, non plus le droit communautaire. Attention, le programme officiel du concours, ancien, emploie encore le vocabulaire d’avant Lisbonne : il faut savoir le traduire.

À retenir pour l'épreuve

Lisbonne (1er décembre 2009) : fin des piliers, personnalité juridique unique, Charte contraignante. Article 49 pour l’adhésion, article 50 pour le retrait.

Les compétences de l'Union

Partie I — L'Union : ce qu'elle est et ce qu'elle peut faire ·

Fil conducteur

La France ne peut décider seule ni du droit applicable au conteneur, ni de l'accord commercial avec la Chine : ces deux matières appartiennent exclusivement à l'Union. En revanche, l'agent qui ouvrira le conteneur au Havre est un fonctionnaire français, formé, payé et encadré par la France. Compétence européenne, exécution nationale : toute la tension du système tient là.

En une phrase

L’Union ne peut agir que là où les États lui ont donné le pouvoir de le faire, et son intensité d’action varie selon le type de compétence.

Pourquoi cette règle existe

Une organisation internationale n’a pas de compétence propre : elle tient tout des États. Mais il fallait aussi éviter que l’Union empiète progressivement sur tout. D’où un système à double verrou : le principe d’attribution pour dire ce que l’Union peut faire, et la subsidiarité pour dire quand elle doit le faire.

Comment ça marche

  • PRINCIPE D’ATTRIBUTION (article 5 TUE) : l’Union n’agit que dans les limites des compétences que les États lui ont attribuées. Toute compétence non attribuée appartient aux États.
  • COMPÉTENCES EXCLUSIVES (article 3 TFUE) : seule l’Union légifère. Ce sont l’UNION DOUANIÈRE, les règles de concurrence nécessaires au marché intérieur, la politique monétaire de la zone euro, la conservation des ressources biologiques de la mer, et la POLITIQUE COMMERCIALE COMMUNE.
  • COMPÉTENCES PARTAGÉES (article 4 TFUE) : les États peuvent légiférer tant que l’Union ne l’a pas fait. Marché intérieur, agriculture, environnement, transports, énergie, protection des consommateurs, espace de liberté, de sécurité et de justice.
  • COMPÉTENCES D’APPUI (article 6 TFUE) : l’Union coordonne ou complète sans harmoniser. Santé, industrie, culture, tourisme, éducation, protection civile.
  • SUBSIDIARITÉ : dans les compétences non exclusives, l’Union n’intervient que si les objectifs ne peuvent être atteints de manière suffisante par les États. Contrôlée par les parlements nationaux via les mécanismes du « carton jaune » et du « carton orange ».
  • PROPORTIONNALITÉ : le contenu et la forme de l’action ne doivent pas excéder ce qui est nécessaire.
  • COOPÉRATIONS RENFORCÉES (article 20 TUE) : au moins neuf États peuvent avancer ensemble — parquet européen, brevet unitaire, divorce transfrontalier.

Exemple concret

La France ne peut ni fixer seule ses droits de douane, ni négocier seule un accord commercial avec un pays tiers : ces deux matières relèvent de la compétence EXCLUSIVE de l’Union. En revanche, elle conserve la maîtrise de l’organisation de son administration douanière, du statut de ses agents et de ses procédures contentieuses.

Vocabulaire

  • Carton jaune : Si un tiers des parlements nationaux estiment qu’une proposition viole la subsidiarité, la Commission doit la réexaminer.
  • Accord mixte : Accord international portant à la fois sur des compétences de l’Union et des États, exigeant la ratification par tous.
  • Compétence exclusive : Domaine où seule l’Union peut légiférer, les États ne pouvant agir que sur habilitation.

Les textes à citer

  • Articles 2 à 6 du TFUE ; article 5 du TUE ; protocoles n°1 et 2 sur le rôle des parlements nationaux et sur la subsidiarité.

L'arrêt à connaître

  • CJUE, avis 2/15, 16 mai 2017, accord UE-Singapour — Précise l’étendue de la politique commerciale commune et ce qui, à l’inverse, relève d’une compétence partagée imposant un accord mixte.

Piège / à ne pas confondre

L’union douanière est une compétence exclusive, mais son APPLICATION est nationale. Ce sont les administrations douanières des États qui perçoivent les droits, contrôlent les marchandises et poursuivent les fraudes. Cette dissociation entre compétence normative européenne et mise en œuvre nationale est le cœur du sujet, et c’est précisément ce que la réforme de 2026 vient corriger.

À retenir pour l'épreuve

Union douanière et politique commerciale commune : compétences EXCLUSIVES de l’Union. Subsidiarité et proportionnalité encadrent les compétences partagées.

Les institutions

Partie I — L'Union : ce qu'elle est et ce qu'elle peut faire ·

En une phrase

Un triangle institutionnel où la Commission propose, où le Conseil et le Parlement décident ensemble, et où la Cour contrôle.

Pourquoi cette règle existe

L’originalité européenne est de faire coexister deux légitimités : celle des États, portée par le Conseil, et celle des citoyens, portée par le Parlement. Aucune ne peut décider seule. La Commission, indépendante des deux, est chargée de porter l’intérêt général européen.

Comment ça marche

  • CONSEIL EUROPÉEN : chefs d’État ou de gouvernement, président élu pour deux ans et demi renouvelable une fois. Il définit les orientations et priorités générales. Il ne légifère PAS.
  • CONSEIL DE L’UNION : représente les États, dix formations selon les matières, présidence tournante semestrielle, travaux préparés par le COREPER. Vote à la MAJORITÉ QUALIFIÉE selon la règle de la double majorité depuis 2014 — 55 % des États représentant 65 % de la population. Unanimité maintenue pour la fiscalité, la politique étrangère, l’élargissement, les ressources propres.
  • COMMISSION EUROPÉENNE : un commissaire par État, mandat de cinq ans, collège investi par le Parlement. Monopole quasi exclusif de l’initiative législative, gardienne des traités avec le recours en manquement, exécution du budget, représentation extérieure notamment pour le commerce.
  • PARLEMENT EUROPÉEN : 720 députés élus au suffrage universel direct depuis 1979, mandat de cinq ans, siège à Strasbourg. Colégislateur à égalité avec le Conseil dans la procédure législative ordinaire, autorité budgétaire, contrôle politique par la motion de censure et les commissions d’enquête, investiture de la Commission.
  • AUTRES : Cour de justice de l’Union européenne, Banque centrale européenne, Cour des comptes européenne. Organes financiers : Banque européenne d’investissement, Fonds européen d’investissement. Organes consultatifs : Comité économique et social européen, Comité européen des régions.
  • AGENCES : Frontex pour les frontières, Europol, Eurojust, Agence européenne des médicaments, et désormais l’AUTORITÉ DOUANIÈRE DE L’UNION, créée par la réforme de 2026 et installée à Lille.

Exemple concret

Un règlement en matière douanière suit la procédure législative ordinaire : la Commission propose, le Parlement et le Conseil l’examinent chacun de leur côté puis négocient en trilogue, et le texte n’est adopté que s’il recueille l’accord des deux. C’est ainsi qu’a été adoptée la réforme du code des douanes en septembre 2026.

Vocabulaire

  • Trilogue : Négociation informelle à trois — Parlement, Conseil, Commission — pour parvenir à un accord avant le vote formel. Pratique dominante aujourd’hui.
  • COREPER : Comité des représentants permanents des États membres, qui prépare les décisions du Conseil.
  • Procédure législative ordinaire : Ex-codécision : adoption conjointe par le Parlement et le Conseil, sur proposition de la Commission (article 294 TFUE).

Les textes à citer

  • Articles 13 à 19 du TUE ; articles 223 à 309 du TFUE.

Piège / à ne pas confondre

Ne pas confondre le Conseil européen (les chefs d’État, qui donnent les impulsions), le Conseil de l’Union (les ministres, qui légifèrent) et le Conseil de l’Europe (organisation internationale de 46 États, extérieure à l’Union, qui abrite la Cour européenne des droits de l’homme). Ces trois confusions sont des fautes lourdes.

À retenir pour l'épreuve

La Commission propose, le Parlement et le Conseil codécident, la Cour contrôle. Majorité qualifiée : 55 % des États représentant 65 % de la population.

Le budget et les ressources propres

Partie I — L'Union : ce qu'elle est et ce qu'elle peut faire ·

Fil conducteur

Les droits perçus sur le conteneur au Havre ne vont pas dans le budget français. Ils appartiennent à l'Union : la France en conserve 25 % pour ses frais de collecte et reverse le reste. Si elle contrôle mal et perçoit trop peu, elle devra combler la différence sur ses propres finances — c'est exactement ce qui est arrivé au Royaume-Uni en 2022.

En une phrase

Un budget modeste — environ 1 % du revenu de l’Union — dont les droits de douane constituent la plus ancienne ressource propre.

Pourquoi cette règle existe

Les fondateurs voulaient une Communauté financée par des ressources qui lui appartiennent en propre, et non par des contributions étatiques révocables. Les droits de douane, produits du tarif extérieur commun, étaient les candidats évidents : ils ne sont pas perçus par un État pour lui-même, mais aux frontières d’un territoire douanier unique.

Comment ça marche

  • CADRE FINANCIER PLURIANNUEL 2021-2027 : environ 1 211 milliards d’euros, complété par NextGenerationEU (environ 807 milliards), financé pour la première fois par un emprunt commun de grande ampleur.
  • BUDGET ANNUEL : environ 190 milliards d’euros, soit environ 1 % du revenu national brut de l’Union. À comparer aux budgets nationaux, qui représentent plus de 50 % du PIB.
  • RESSOURCES PROPRES (décision du 14 décembre 2020) : les RESSOURCES PROPRES TRADITIONNELLES, essentiellement les droits de douane, dont les États retiennent 25 % au titre des frais de perception ; la ressource TVA ; la ressource assise sur les déchets d’emballages plastiques non recyclés ; la ressource RNB, variable d’ajustement et de loin la plus importante.
  • En 2025, les administrations douanières des 27 États ont perçu près de 31 milliards d’euros de droits de douane, avec environ 84 000 agents répartis dans 2 200 bureaux.
  • DÉPENSES : cohésion et valeurs, ressources naturelles et environnement dont la PAC, marché unique et innovation, migration et gestion des frontières, action extérieure, administration.
  • PROCÉDURE ET CONTRÔLE : adoption conjointe Parlement-Conseil (article 314 TFUE), décharge donnée par le Parlement, contrôle par la Cour des comptes européenne, l’OLAF pour les enquêtes administratives et le Parquet européen pour les poursuites pénales depuis 2021.
  • NOUVELLES RESSOURCES EN DISCUSSION : recettes du système d’échange de quotas d’émission, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, part des bénéfices des multinationales.

Exemple concret

Un importateur sous-évalue frauduleusement des marchandises textiles à l’entrée d’un État membre. La perte n’est pas seulement nationale : elle ampute directement une ressource propre de l’Union. C’est pourquoi la Cour de justice a condamné le Royaume-Uni en 2022 pour ne pas avoir mis en œuvre les contrôles nécessaires : l’État était financièrement responsable des droits non perçus.

Vocabulaire

  • Ressource propre traditionnelle : Ressource appartenant par nature à l’Union, perçue pour son compte par les États. Essentiellement les droits de douane.
  • Frais de perception : Part des droits de douane que l’État conserve pour couvrir les coûts de collecte : 25 % aujourd’hui.
  • OLAF : Office européen de lutte antifraude. Mène des enquêtes administratives, sans pouvoir de poursuite pénale.
  • Parquet européen : Organe de poursuite pénale compétent pour les atteintes aux intérêts financiers de l’Union, opérationnel depuis juin 2021.

Les textes à citer

  • Décision (UE, Euratom) 2020/2053 du 14 décembre 2020 sur les ressources propres ; articles 310 à 325 du TFUE ; règlement (UE) 2017/1939 instituant le Parquet européen.

L'arrêt à connaître

  • CJUE, 8 mars 2022, Commission c/ Royaume-Uni — Manquement d’un État à son obligation de contrôler et de recouvrer les droits de douane. Responsabilité financière de l’État envers le budget de l’Union.
  • CJUE, 16 février 2022, Hongrie et Pologne c/ Parlement et Conseil — Valide le mécanisme de conditionnalité liant le versement des fonds européens au respect de l’État de droit.

Piège / à ne pas confondre

C’est la notion la plus directement liée au métier visé. La DGDDI ne perçoit pas les droits de douane pour la France : elle les perçoit pour l’Union, dont ils sont une ressource propre. Une négligence de contrôle engage donc la responsabilité financière de l’État français devant la Commission. À placer absolument à l’oral.

À retenir pour l'épreuve

Droits de douane = ressource propre traditionnelle de l’Union, perçue par les États qui en conservent 25 %. Environ 31 Md€ collectés en 2025. Arrêt CJUE du 8 mars 2022 pour la responsabilité de l’État défaillant.

Les sources

Partie II — Le droit de l'Union : sources et effets ·

Fil conducteur

L'agent qui traite le conteneur applique le code des douanes de l'Union. Ce texte est un RÈGLEMENT : aucune loi française ne l'a repris, il s'applique tel quel. S'il s'agissait de TVA, en revanche, il faudrait passer par le droit français, parce que la TVA est réglée par des directives.

En une phrase

Un droit primaire posé par les traités, un droit dérivé produit par les institutions, et une jurisprudence qui a fait presque autant que les textes.

Pourquoi cette règle existe

Les traités ne peuvent pas tout prévoir. Il fallait un pouvoir normatif continu, mais gradué : parfois une règle uniforme immédiatement applicable partout, parfois un objectif que chaque État atteint à sa manière. D’où la distinction entre règlement et directive, qui est la plus importante de la matière.

Comment ça marche

  • DROIT PRIMAIRE : traités TUE et TFUE, protocoles et annexes, Charte des droits fondamentaux, qui a la même valeur juridique que les traités depuis 2009.
  • RÈGLEMENT (article 288 TFUE) : portée générale, obligatoire dans TOUS SES ÉLÉMENTS, DIRECTEMENT APPLICABLE dans chaque État. Aucune transposition n’est nécessaire, et elle est même interdite si elle crée une ambiguïté sur l’origine de la norme. C’est l’instrument de l’unification.
  • DIRECTIVE : lie l’État quant au RÉSULTAT à atteindre, en lui laissant le choix de la forme et des moyens. Elle doit être TRANSPOSÉE dans un délai. C’est l’instrument de l’harmonisation.
  • DÉCISION : obligatoire dans tous ses éléments ; lorsqu’elle désigne des destinataires, elle n’est obligatoire que pour eux.
  • RECOMMANDATIONS ET AVIS : non contraignants, mais le juge national doit en tenir compte pour interpréter le droit interne.
  • ACCORDS EXTERNES conclus par l’Union : ils lient les institutions et les États.
  • SOURCES NON ÉCRITES : principes généraux du droit de l’Union — sécurité juridique, confiance légitime, proportionnalité, droits de la défense, non-discrimination — dégagés à partir des traditions constitutionnelles communes.

Exemple concret

Le code des douanes de l’Union est un RÈGLEMENT, le règlement (UE) n°952/2013. Il s’applique directement dans les 27 États, sans transposition : un agent français l’applique tel quel. À l’inverse, les directives TVA doivent être transposées, ce qui explique les différences de taux et de régimes entre États membres.

Vocabulaire

  • Transposition : Opération par laquelle l’État intègre une directive dans son droit interne, par loi ou par décret selon la répartition constitutionnelle.
  • Directement applicable : Qui produit des effets sans intervention d’une norme nationale.
  • Harmonisation : Rapprochement des législations nationales autour d’un résultat commun, par opposition à l’unification, qui impose un texte identique.

Les textes à citer

  • Article 288 du TFUE ; article 6 du TUE ; règlement (UE) n°952/2013 établissant le code des douanes de l’Union.

L'arrêt à connaître

  • CJCE, 17 décembre 1970, Internationale Handelsgesellschaft — La primauté joue même à l’égard des règles constitutionnelles nationales, la protection des droits fondamentaux étant assurée par les principes généraux du droit de l’Union.

Piège / à ne pas confondre

L’erreur classique est d’appeler « loi européenne » n’importe quel acte. Utilise le terme exact : règlement, directive, décision. Et rappelle-toi la conséquence pratique — un règlement s’applique tel quel, une directive passe par le droit national.

À retenir pour l'épreuve

Règlement : directement applicable, unification. Directive : obligation de résultat, transposition, harmonisation. Le code des douanes de l’Union est un RÈGLEMENT.

Effet direct, primauté, responsabilité de l'État

Partie II — Le droit de l'Union : sources et effets ·

Fil conducteur

L'importateur du conteneur estime que l'administration lui applique un taux contraire au droit européen. Il n'a pas à attendre que la France change sa loi : il invoque directement la norme européenne devant le tribunal français, qui écartera la loi contraire. C'est tout l'apport des arrêts de 1963 et 1964 — et le premier concernait, lui aussi, un droit de douane.

En une phrase

Les trois constructions jurisprudentielles qui ont transformé un traité international en ordre juridique intégré.

Pourquoi cette règle existe

Sans ces trois principes, le droit européen dépendrait entièrement de la bonne volonté des États. La Cour a donc armé le particulier : il peut invoquer lui-même la norme européenne, faire écarter la loi nationale contraire, et obtenir réparation si l’État ne joue pas le jeu. Le juge national devient ainsi le premier juge du droit de l’Union.

Comment ça marche

  • EFFET DIRECT (Van Gend en Loos, 1963) : une norme claire, précise et inconditionnelle crée des droits que les particuliers peuvent invoquer devant leur juge national. Certaines dispositions des traités — claires, précises et inconditionnelles — et les règlements ont un effet direct.
  • EFFET DIRECT DES DIRECTIVES : seulement VERTICAL, c’est-à-dire contre l’État, et seulement après l’expiration du délai de transposition. Pas d’effet direct HORIZONTAL entre particuliers (Faccini Dori).
  • COMPENSATIONS à l’absence d’effet horizontal : l’INTERPRÉTATION CONFORME, qui oblige le juge national à interpréter son droit à la lumière de la directive (Von Colson, Marleasing) ; et la RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT pour défaut de transposition (Francovich, 1991), qui permet au particulier lésé d’obtenir réparation.
  • PRIMAUTÉ (Costa c/ ENEL, 1964 ; Simmenthal, 1978) : le juge national doit écarter D’OFFICE toute norme interne contraire, quel que soit son rang et sans attendre son abrogation.
  • RÉSERVES NATIONALES : dans l’ordre interne français, la Constitution reste suprême. Le Conseil constitutionnel réserve les règles inhérentes à l’identité constitutionnelle de la France, et le Conseil d’État a confirmé cette limite tout en refusant de contrôler si la Cour de justice avait outrepassé ses compétences.
  • MISE EN ŒUVRE : principe d’ADMINISTRATION INDIRECTE — ce sont les administrations nationales qui appliquent le droit de l’Union, sous l’exigence de coopération loyale (article 4 §3 TUE), avec autonomie procédurale encadrée par les principes d’équivalence et d’effectivité.

Exemple concret

Une directive impose un délai maximal de remboursement d’une taxe, mais la France ne l’a pas transposée dans le délai. Une entreprise peut invoquer directement la directive contre l’administration fiscale, parce que l’effet direct vertical joue. Si elle subit un préjudice du fait du retard de transposition, elle peut en outre demander réparation à l’État sur le fondement de la jurisprudence Francovich.

Vocabulaire

  • Effet direct vertical : Invocabilité de la norme par un particulier contre l’État ou une émanation de l’État.
  • Effet direct horizontal : Invocabilité entre particuliers. Refusé aux directives.
  • Interprétation conforme : Obligation du juge national de lire son droit interne, autant que possible, dans le sens de la directive.
  • Autonomie procédurale : Liberté des États d’organiser les recours, à condition qu’ils ne soient pas moins favorables que pour les recours internes (équivalence) ni impossibles en pratique (effectivité).

Les textes à citer

  • Article 4 §3 du TUE ; déclaration n°17 annexée au traité de Lisbonne ; article 88-1 de la Constitution française.

L'arrêt à connaître

  • CJCE, 5 février 1963, Van Gend en Loos — Effet direct. Rendu à propos d’un droit de douane : l’arrêt fondateur, à citer dans toute copie.
  • CJCE, 15 juillet 1964, Costa c/ ENEL — Primauté du droit communautaire sur le droit national.
  • CJCE, 9 mars 1978, Simmenthal — Le juge national écarte d’office la norme interne contraire, sans attendre son abrogation.
  • CJCE, 19 novembre 1991, Francovich — Responsabilité de l’État pour défaut de transposition d’une directive.

Piège / à ne pas confondre

Effet direct et primauté sont deux choses distinctes, souvent confondues. L’effet direct répond à la question « qui peut l’invoquer ? ». La primauté répond à la question « que se passe-t-il en cas de conflit ? ». Une norme peut primer sans avoir d’effet direct.

À retenir pour l'épreuve

Van Gend en Loos 1963 : effet direct, à propos d’un droit de douane. Costa c/ ENEL 1964 : primauté. Simmenthal 1978 : mise à l’écart d’office. Francovich 1991 : responsabilité de l’État.

La justice de l'Union et les recours

Partie II — Le droit de l'Union : sources et effets ·

Fil conducteur

Le litige porte sur le classement tarifaire des pièces contenues dans le conteneur : marchandise A ou marchandise B, avec deux taux différents. La Cour de cassation, qui juge en dernier ressort, doit en principe interroger la Cour de justice à Luxembourg. La réponse vaudra ensuite pour les vingt-sept États.

En une phrase

Une cour qui contrôle les institutions et les États, et surtout un mécanisme de dialogue avec les juges nationaux qui assure l’unité du droit.

Pourquoi cette règle existe

Si chaque juge national interprétait le droit de l’Union à sa façon, il y aurait vingt-sept droits différents. Le renvoi préjudiciel garantit une interprétation unique. C’est techniquement le mécanisme le plus important de tout le système, et c’est par lui que sont arrivés tous les grands arrêts.

Comment ça marche

  • ORGANISATION : la Cour de justice (un juge par État, onze avocats généraux) et le Tribunal (deux juges par État depuis 2019). Le Tribunal juge en première instance les recours des particuliers en matière de concurrence, d’aides d’État et de marques. Depuis le 1er septembre 2024, il connaît aussi de certains renvois préjudiciels dans six matières, dont la TVA et le TARIF DOUANIER COMMUN.
  • RECOURS EN MANQUEMENT (articles 258 à 260) : engagé par la Commission après mise en demeure et avis motivé. En cas d’inexécution de l’arrêt, sanctions pécuniaires — somme forfaitaire et astreinte.
  • RECOURS EN ANNULATION (article 263) : contre les actes produisant des effets de droit. Requérants privilégiés (États, Parlement, Conseil, Commission), semi-privilégiés, et particuliers soumis à des conditions strictes — être destinataire, ou être concerné directement et individuellement (jurisprudence Plaumann), condition assouplie depuis Lisbonne pour les actes réglementaires ne comportant pas de mesures d’exécution.
  • RECOURS EN CARENCE (article 265), RECOURS EN RESPONSABILITÉ EXTRACONTRACTUELLE (article 340), EXCEPTION D’ILLÉGALITÉ (article 277).
  • RENVOI PRÉJUDICIEL (article 267) : en interprétation ou en appréciation de validité. Facultatif pour toute juridiction, OBLIGATOIRE pour celles qui statuent en dernier ressort, sauf théorie de l’acte clair ou de l’acte éclairé (CILFIT). La réponse lie le juge national et vaut pour tous.
  • COOPÉRATION OPÉRATIONNELLE : Eurojust, Europol, Parquet européen, et en matière douanière l’assistance administrative mutuelle du règlement 515/97 et le système d’information douanier.

Exemple concret

Un importateur conteste le classement tarifaire d’une marchandise. Le litige porte sur l’interprétation de la nomenclature combinée, qui est du droit de l’Union. La Cour de cassation, statuant en dernier ressort, doit en principe saisir la Cour de justice d’un renvoi préjudiciel, sauf si l’interprétation est évidente ou déjà tranchée.

Vocabulaire

  • Avocat général : Membre de la Cour qui présente publiquement des conclusions motivées et impartiales. Elles ne lient pas la Cour mais l’éclairent, et sont très utiles pour comprendre un arrêt.
  • Acte clair : Doctrine dispensant de renvoi lorsque l’interprétation s’impose avec une évidence ne laissant place à aucun doute raisonnable.
  • Astreinte : Somme due par jour de retard, prononcée contre un État qui n’exécute pas un arrêt de manquement.

Les textes à citer

  • Articles 251 à 281 du TFUE ; règlement (UE, Euratom) 2024/2019 sur le transfert de compétences préjudicielles au Tribunal ; règlement (CE) n°515/97 sur l’assistance mutuelle en matière douanière.

L'arrêt à connaître

  • CJCE, 15 juillet 1963, Plaumann — Définit restrictivement l’affectation individuelle qui conditionne le recours des particuliers en annulation.
  • CJCE, 6 octobre 1982, CILFIT — Pose les exceptions à l’obligation de renvoi : acte clair, acte éclairé.

Piège / à ne pas confondre

Le renvoi préjudiciel n’est pas un recours contre une décision nationale. C’est une QUESTION posée par un juge à un autre juge. La Cour de justice ne tranche pas le litige : elle répond à la question d’interprétation, et le juge national applique ensuite cette réponse à l’affaire.

À retenir pour l'épreuve

Renvoi préjudiciel (article 267) : moteur de l’intégration juridique. Obligatoire en dernier ressort, sauf acte clair ou éclairé (CILFIT 1982).

L'union douanière et la libre circulation des marchandises

Partie III — Les politiques de l'Union ·

Fil conducteur

Et voici le colis à 20 €. Jusqu'à présent, il entrait sans droits grâce au seuil de 150 €, et le destinataire était juridiquement l'importateur. Avec la réforme adoptée le 16 septembre 2026, le seuil disparaît, des frais de traitement s'appliquent, et c'est la plateforme de vente qui devient l'importateur responsable. Six milliards de colis par an ont suffi à réécrire le code des douanes.

En une phrase

Un territoire douanier unique : pas de droits à l’intérieur, un tarif commun à l’extérieur.

Pourquoi cette règle existe

C’est le cœur historique et juridique du projet européen, et c’est la matière du métier visé. Un marché commun suppose que la marchandise circule sans frontière intérieure. Mais si chaque État gardait son propre tarif extérieur, les importations entreraient par le pays le moins-disant. D’où la nécessité d’un tarif extérieur COMMUN, donc d’une compétence exclusive.

Comment ça marche

  • DEUX VOLETS (articles 28 à 33 TFUE) : à l’intérieur, interdiction des droits de douane et des TAXES D’EFFET ÉQUIVALENT ; à l’extérieur, tarif douanier commun.
  • INTERDICTION DES RESTRICTIONS QUANTITATIVES ET MESURES D’EFFET ÉQUIVALENT (article 34) : toute réglementation susceptible d’entraver directement ou indirectement, actuellement ou potentiellement, le commerce entre États (formule Dassonville). Exceptions limitées de l’article 36 — moralité, ordre public, sécurité, santé, protection du patrimoine, propriété industrielle et commerciale — et exigences impératives d’intérêt général dégagées par Cassis de Dijon.
  • RECONNAISSANCE MUTUELLE (Cassis de Dijon, 1979) : un produit légalement fabriqué et commercialisé dans un État membre doit en principe pouvoir circuler partout.
  • TROIS ÉLÉMENTS DE LA DETTE DOUANIÈRE, à maîtriser absolument : l’ESPÈCE (classement tarifaire dans la nomenclature combinée), l’ORIGINE (préférentielle ou non préférentielle, déterminant le taux applicable), la VALEUR EN DOUANE (en principe la valeur transactionnelle).
  • CODE DES DOUANES DE L’UNION : règlement (UE) n°952/2013, applicable depuis le 1er mai 2016. Régimes particuliers — transit, entrepôt, perfectionnement actif et passif, admission temporaire, destination particulière. Statut d’OPÉRATEUR ÉCONOMIQUE AGRÉÉ ouvrant des facilités.
  • RÉFORME DE 2026 : adoptée définitivement par le Parlement européen le 16 septembre 2026, après accord politique du 26 mars et feu vert du Conseil du 3 septembre. C’est la plus importante réforme depuis la création de l’union douanière en 1968. Elle crée l’AUTORITÉ DOUANIÈRE DE L’UNION, installée à LILLE, chargée de coordonner la coopération, la gestion des risques et la nouvelle plateforme numérique ; elle institue un CENTRE EUROPÉEN DE DONNÉES DOUANIÈRES, obligatoire pour le commerce en ligne au 1er juillet 2028 puis pour tous les flux au 1er mars 2034 ; elle supprime le seuil d’exonération de 150 € et instaure des frais de traitement sur les petits colis au plus tard au 1er novembre 2026 ; elle fait des PLATEFORMES DE VENTE EN LIGNE les importateurs juridiques, responsables des formalités et des droits ; elle crée la catégorie des opérateurs « trust and check » et un régime de sanctions financières allant de 1 % à 6 % de la valeur des marchandises importées. Les États disposent de douze mois pour appliquer ces règles, et l’Autorité doit être opérationnelle en 2027.
  • CHIFFRES DE CONTEXTE : l’union douanière gère plus de 4 300 milliards d’euros d’échanges, environ 14 % du commerce mondial. En 2025, 2 200 bureaux et 84 000 agents ont collecté près de 31 milliards d’euros de droits et traité environ 6 milliards de colis de commerce en ligne, dont plus de 90 % en provenance de Chine.

Exemple concret

Un consommateur français commande un article à 20 € sur une plateforme chinoise. Jusqu’à présent, l’envoi échappait aux droits de douane grâce au seuil de 150 €. Avec la réforme, le seuil disparaît, des frais de traitement s’appliquent, et c’est la plateforme — et non le consommateur — qui devient juridiquement l’importateur, responsable des formalités et du paiement.

Vocabulaire

  • Taxe d’effet équivalent : Toute charge pécuniaire frappant une marchandise en raison du franchissement d’une frontière, même minime et quelle que soit sa dénomination. Strictement interdite entre États membres.
  • Nomenclature combinée : Classification européenne des marchandises, fondée sur le système harmonisé de l’Organisation mondiale des douanes, qui détermine le taux de droit applicable.
  • Opérateur économique agréé : Statut accordé à une entreprise fiable, ouvrant des simplifications et un allègement des contrôles.
  • Valeur transactionnelle : Prix effectivement payé ou à payer pour les marchandises, ajusté de certains éléments. Base principale de la valeur en douane.

Les textes à citer

  • Articles 28 à 37 du TFUE ; règlement (UE) n°952/2013 (code des douanes de l’Union) ; règlement (UE) 2022/2399 sur l’environnement de guichet unique ; réforme du code des douanes adoptée le 16 septembre 2026.

L'arrêt à connaître

  • CJCE, 11 juillet 1974, Dassonville — Définition très large de la mesure d’effet équivalent.
  • CJCE, 20 février 1979, Cassis de Dijon — Reconnaissance mutuelle et exigences impératives d’intérêt général.
  • CJCE, 24 novembre 1993, Keck et Mithouard — Les simples modalités de vente, appliquées indistinctement, échappent à l’article 34.

Piège / à ne pas confondre

C’est LE sujet d’actualité du concours 2027. Toute copie ou tout entretien qui ignore la réforme adoptée le 16 septembre 2026 sera daté. Retiens les quatre points saillants : Autorité douanière à Lille, centre européen de données, fin du seuil de 150 € et responsabilité des plateformes.

À retenir pour l'épreuve

Union douanière achevée en 1968. Espèce, origine, valeur : les trois piliers de la dette douanière. Réforme adoptée le 16 septembre 2026 : Autorité douanière de l’Union à Lille, data hub, suppression du seuil de 150 €, plateformes importatrices.

La politique commerciale commune et les relations extérieures

Partie III — Les politiques de l'Union ·

Fil conducteur

Si l'Union décide un droit antisubventions contre certains produits chinois, la décision est prise à Bruxelles — mais c'est l'agent du Havre qui le perçoit sur le conteneur. Une sanction décidée à l'échelle du continent devient très concrète au moment où quelqu'un ouvre une porte de conteneur.

En une phrase

L’Union négocie et signe seule les accords commerciaux, et dispose d’un arsenal de défense commerciale.

Pourquoi cette règle existe

Une union douanière sans politique commerciale commune serait incohérente : si chaque État négociait ses propres accords, le tarif extérieur commun serait contourné. La compétence exclusive est donc la conséquence logique de l’union douanière.

Comment ça marche

  • BASE JURIDIQUE : articles 206 et 207 TFUE. La Commission négocie sur mandat du Conseil ; le Parlement approuve. Les accords MIXTES, qui débordent la compétence exclusive, exigent en outre la ratification par tous les États.
  • TYPES D’ACCORDS : accords de libre-échange (Canada, Japon, Corée, Mercosur en discussion), accords d’association, accords de partenariat économique, et préférences unilatérales — système de préférences généralisées, SPG+, initiative « Tout sauf les armes » au profit des pays les moins avancés.
  • DÉFENSE COMMERCIALE : mesures antidumping, antisubventions, sauvegarde. Instrument anticoercition adopté en 2023 pour répondre aux pressions économiques d’États tiers.
  • SANCTIONS ET MESURES RESTRICTIVES : décidées par le Conseil à l’unanimité dans le cadre de la politique étrangère, mais MISES EN ŒUVRE AUX FRONTIÈRES par les administrations douanières nationales. Contrôle des biens à double usage par le règlement (UE) 2021/821.
  • MÉCANISME D’AJUSTEMENT CARBONE AUX FRONTIÈRES : règlement (UE) 2023/956, qui tarifie le carbone incorporé dans certaines importations et impose des obligations déclaratives, avec un rôle central de la douane.
  • PESC ET PSDC : compétence intergouvernementale, unanimité, haut représentant assisté du Service européen pour l’action extérieure.

Exemple concret

L’Union constate que des véhicules électriques importés bénéficient de subventions publiques faussant la concurrence. La Commission ouvre une enquête antisubventions et peut instituer des droits compensateurs. Ce sont les administrations douanières nationales qui les perçoivent effectivement à l’importation.

Vocabulaire

  • Dumping : Vente à l’exportation à un prix inférieur à la valeur normale sur le marché d’origine.
  • Droit compensateur : Droit institué pour neutraliser une subvention accordée par un État tiers.
  • Bien à double usage : Bien civil susceptible d’un emploi militaire, soumis à autorisation d’exportation.
  • Règles d’origine : Critères déterminant la nationalité économique d’une marchandise, décisifs pour l’application d’un tarif préférentiel.

Les textes à citer

  • Articles 206 et 207 du TFUE ; règlement (UE) n°978/2012 sur le SPG ; règlement (UE) 2021/821 sur les biens à double usage ; règlement (UE) 2023/956 instituant le MACF.

L'arrêt à connaître

  • CJUE, avis 1/17, 30 avril 2019 — Valide la compatibilité du mécanisme de règlement des différends investisseur-État prévu par l’accord avec le Canada.

Piège / à ne pas confondre

Un accord de libre-échange supprime les droits, pas les formalités ni les contrôles. La marchandise doit toujours prouver son origine pour bénéficier du tarif préférentiel, et reste soumise aux normes sanitaires et techniques. C’est une nuance constamment ignorée dans le débat public, et la relever dans une copie montre une vraie compréhension.

À retenir pour l'épreuve

Politique commerciale commune : compétence EXCLUSIVE (article 207 TFUE). La Commission négocie, le Parlement approuve. Les sanctions sont décidées à Bruxelles et appliquées à la frontière par les douanes nationales.

Les autres politiques : monnaie, concurrence, agriculture, cohésion

Partie III — Les politiques de l'Union ·

En une phrase

Un panorama à connaître, avec quelques chiffres et quelques dates qui suffisent à nourrir une copie.

Pourquoi cette règle existe

Ces politiques ne seront pas le cœur du sujet, mais elles fournissent les exemples et les contre-exemples qui enrichissent un développement. Un candidat capable de citer le poids de la PAC ou le mandat de la BCE se distingue immédiatement.

Comment ça marche

  • UNION ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE : euro depuis 1999, en espèces depuis 2002, vingt et un États. Politique monétaire unique conduite par la BCE, dont l’objectif PRINCIPAL est la stabilité des prix (article 127 TFUE), avec une cible d’inflation de 2 % à moyen terme depuis la revue stratégique de 2021. Coordination budgétaire par le semestre européen et le pacte de stabilité, réformé en 2024. Union bancaire.
  • CONCURRENCE : interdiction des ententes (article 101) et des abus de position dominante (article 102), contrôle des concentrations, encadrement des aides d’État (articles 107 à 109). Extension récente au numérique par le règlement sur les marchés numériques et le règlement sur les services numériques.
  • PAC : premier poste sectoriel du budget, environ 31 %. Deux piliers — soutien des marchés et aides directes (FEAGA), développement rural (FEADER). Réformes majeures : 1992 (passage du soutien des prix aux aides directes), 2003 (découplage), PAC 2023-2027 avec plans stratégiques nationaux et écorégimes.
  • COHÉSION : environ un tiers du budget. FEDER, FSE+, Fonds de cohésion, Fonds pour une transition juste. Principes de programmation, partenariat, additionnalité et concentration.
  • CLIMAT ET ÉNERGIE : loi européenne sur le climat de 2021 fixant la neutralité en 2050, paquet « Ajustement à l’objectif 55 », réforme du système d’échange de quotas, MACF.
  • ESPACE DE LIBERTÉ, SÉCURITÉ ET JUSTICE : Schengen, code frontières, Frontex, mandat d’arrêt européen, reconnaissance mutuelle des décisions.

Exemple concret

Une entreprise reçoit une aide d’un département français pour s’implanter. Si cette aide dépasse les seuils et fausse la concurrence, elle devait être notifiée à la Commission. À défaut, elle est illégale et devra être RESTITUÉE avec intérêts, quelle que soit la bonne foi de l’entreprise.

Vocabulaire

  • Semestre européen : Cycle annuel de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres.
  • Aide d’État : Avantage sélectif accordé par une autorité publique, faussant ou menaçant de fausser la concurrence et affectant les échanges entre États membres.
  • Écorégime : Paiement de la PAC conditionné à des pratiques favorables à l’environnement, introduit par la programmation 2023-2027.

Les textes à citer

  • Articles 101 à 109, 119 à 144, 38 à 44, 174 à 178 et 194 du TFUE ; règlement (UE) 2021/1119 (loi européenne sur le climat).

L'arrêt à connaître

  • CJUE, 6 septembre 2017, Intel — L’abus de position dominante suppose une analyse des effets concrets des pratiques en cause, et non une présomption automatique d’illégalité.

Piège / à ne pas confondre

L’objectif de la BCE n’est pas la croissance ni l’emploi : c’est la stabilité des prix. Elle ne soutient les politiques économiques générales de l’Union que « sans préjudice » de cet objectif. C’est une différence fondamentale avec la Réserve fédérale américaine, dotée d’un double mandat.

À retenir pour l'épreuve

BCE : stabilité des prix, cible de 2 %. PAC : environ 31 % du budget, deux piliers. Cohésion : environ un tiers du budget. Aides d’État : notification préalable obligatoire, récupération si illégales.