Méthode : la dissertation en droit public
L'exercice le plus exigeant du concours, et celui où l'écart entre candidats est le plus grand.
Étape 1 — Analyser le sujet, avant d'écrire une ligne
Vingt minutes minimum au brouillon. C’est là que se joue la note.
- Identifie le type de sujet : notion unique (« le service public »), relation (« le juge administratif et la loi »), question (« le Conseil constitutionnel est-il une cour suprême ? »), comparaison.
- Définis chaque terme, y compris les mots de liaison. « Et » invite à une relation, « face à » à une tension, « ou » à une alternative.
- Repère les bornes temporelles implicites : un sujet sur le contrôle de constitutionnalité suppose de partir de 1958, pas de 1789.
- Formule la problématique : une seule question, qui ne doit pas appeler une réponse par oui ou par non.
Étape 2 — Construire un plan qui démontre
- Deux parties, deux sous-parties chacune. Jamais trois parties en droit français.
- Les titres doivent être des affirmations qualifiées. Compare : « I. Le recours pour excès de pouvoir » (nul, descriptif) et « I. Un recours largement ouvert au justiciable » (bon, il annonce une thèse).
- Les deux plans qui fonctionnent presque toujours : le plan affirmation/limite (I. Le principe — II. Ses tempéraments) et le plan évolution (I. Une construction jurisprudentielle — II. Une consécration textuelle inachevée).
- Vérifie l’équilibre : si le II est manifestement plus court, le plan est mauvais.
Étape 3 — Rédiger l'introduction, qui vaut un tiers de la note
- Accroche : une citation, un arrêt récent, un chiffre. Pas une banalité sur l’importance du sujet.
- Définition des termes.
- Délimitation du sujet : ce que tu traites et, brièvement, ce que tu écartes.
- Intérêt du sujet : pourquoi cette question se pose aujourd’hui. C’est là que l’actualité paye.
- Problématique, puis annonce du plan en une phrase fluide, sans « nous verrons dans une première partie ».
Étape 4 — Développer
- Chaque sous-partie : une idée, des arguments, des exemples juridiques (textes, arrêts), une transition.
- Cite au moins un arrêt par sous-partie. Un développement de droit public sans jurisprudence est un développement vide.
- Chapeau introductif au début de chaque grande partie, annonçant les deux sous-parties.
- Transition entre le I et le II : une phrase qui montre pourquoi le II découle du I.
Erreur la plus fréquente chez les candidats venus d’autres horizons : traiter le sujet comme une question de culture générale et réciter ce qu’on sait. La dissertation juridique n’est pas un exposé : c’est une démonstration argumentée, adossée à des textes et à des arrêts. Un plan médiocre bien nourri de jurisprudence vaut mieux qu’un beau plan sans référence.